La BCEAO va racheter 1,5 milliard $ de titres de dette des Etats de l’Uemoa cette semaine

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(Agence Ecofin) – La BCEAO a décidé de racheter des titres de dette publique – bons et obligations émises par les Etats de l’Uemoa – pour injecter au moins 933 milliards FCFA dans l’économie. C’est la deuxième phase d’une opération présentée comme étant conforme à sa politique monétaire.  

La Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) envisage un rachat de titres souverains de l’UEMOA s’élevant à 933 milliards FCFA (1,5 milliard $). Cette annonce survient quelques mois après une opération similaire en juin où plus de 1 000 milliards FCFA de titres ont été rachetés.

Selon des sources proches du dossier, ce rachat devrait se dérouler entre les 25 et 26 septembre et sera jumelé à l’émission de nouveaux titres par chaque État membre de l’UEMOA. Il s’agit de titres ayant une maturité initiale de 12 mois, 3 ans et 5 ans, mais avec une durée résiduelle comprise entre 3 mois et 3 ans.

L’opération a été décrite comme presque « cash neutre » par les responsables de l’Uemoa-titres et de la BCEAO. Ainsi, le rachat sera subordonné à la souscription de nouveaux titres par les investisseurs, qui sont principalement des banques au sein de la sous-région. Les investisseurs, principalement les banques régionales, seront donc contraints de participer à l’émission de nouveaux titres pour être éligibles au rachat, indique-t-on. 

Ainsi, la BCEAO devrait acquérir 80 milliards FCFA de titres du Bénin, 130 milliards du Burkina Faso, 295 milliards de la Côte d’Ivoire, 12 milliards de la Guinée-Bissau, 111 milliards du Mali, 205 milliards du Sénégal et 100 milliards du Togo.

Cette initiative intervient dans un contexte particulier : la BCEAO a récemment augmenté son taux directeur de 25 points de base à 3,25%, la 5e hausse depuis juin 2022. Selon l’institution basée à Dakar, ce relèvement en vigueur depuis le 16 septembre visait à atténuer divers risques, notamment l’inflation persistante, l’incertitude régionale et les conditions financières plus strictes sur les marchés internationaux.

« La hausse du taux directeur rend l’emprunt plus coûteux pour les États. Cette opération de rachat pourrait stabiliser la demande pour ces titres, aidant ainsi à maintenir les coûts d’emprunt à un niveau acceptable », indique un acteur du marché financier. 

Fiacre E. Kakpo

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